Coupes du Monde 2015, c’est parti!!

Depuis déjà deux semaines, la saison internationale de difficulté à commencé!
La première étape de Coupe du Monde à Chamonix faisait aussi lieu de Championnats d’Europe puisqu’aucun pays n’a pu organiser la compétition. Dommage pour les Européens, mais c’est comme ça.

Mur Chamonix Cette première étape a commencé sur les chapeaux de roues pour moi puisque je m’octroie une très inattendue 4ème place après les qualifications. Complètement perturbée par cette perf, mon cerveau me joue des tours et je n’arrive pas à gérer la situation. Perdue entre excitation, stress et pression, je passe à côté de ma demi finale et termine à la 16ème place. Déçue, mais déjà bien consciente que ces quelques erreurs de gestion étaient presque nécessaires pour me permettre d’aborder la suite de la saison plus sereinement.

Chamonix Q2 Deux jours de repos, un entraînement et un autre jour de repos plus tard, il était déjà temps de se remettre en route pour la deuxième étape à Briançon. Cette fois les qualifications et les demi-finales étaient dans la même journée ; personnellement c’est un format que je trouve bien plus facile à gérer émotionnellement bien qu’il soit peut-être plus éprouvant physiquement.

IMG_7383 J’ai eu la chance de passer dans ma première voie de qualification à la fraîche. Je me suis sentie en forme dans la voie et j’étais la première à faire TOP (suivie de 6 autres filles). Deux heures plus tard, il faisait déjà nettement plus chaud et je ne sais pour quelle raison j’ai cru que la deuxième voie serait « facile ». Dans ma tête, je n’étais pas prête à forcer, belle erreur qui aurait pu me coûter cher. Je suis arrivée au ¾ de la voie en ayant simplement subi tout le début, transpirante, à bout de force. Petit rappel à l’ordre bien mérité (mais qui m’a mis les crocs pour le soir…). Heureusement mon TOP dans la Q1 m’a tout de même permis de me qualifier à la 9ème place.

11223813_10153466001993537_444337406287215023_n Les quelques heures avant les demi finales, j’essayais de me forcer à ne pas trop réfléchir. « Laisse tomber l’enjeu. C’est une voie comme les autres. Pense juste à bien grimper ». Plus facile à dire qu’à faire.
Après la lecture, la voie m’a semblé complexe et bien moins basique qu’à Chamonix mais bizarrement elle ne m’intimidait pas autant. J’ai donc attendu mon tour tranquillement et je suis arrivée au pied du mur totalement sereine. Je me suis imposée un rythme soutenu et une grimpe déterminée. J’ai d’ailleurs fait deux mouvements avec une méthode bien plus difficile, mais bon soit on est déterminé et on assume ses choix, soit on hésite et on tombe. Je préfère la première solution. Du coup malgré deux petites erreurs « tactiques » dans la voie, j’ai réussi à me battre jusqu’au bout de mes forces.

11705164_526270494191060_3150539959629053900_o En descendant je savais que ce serait très juste pour les finales, mais je n’avais quasiment rien à me reprocher. Il fallait juste que deux filles tombent. C’est moche mais dans ces moments là on ne pense qu’à soi. Deux filles sont tombées, et j’ai gagné mon premier ticket pour les finales d’une Coupe du Monde. De la joie, des cris, des embrassades, du soulagement partagés avec mon entraîneur, ma meilleure amie, Sean. Du bonheur à l’état pur. Cette finale, je l’ai tellement voulu, et là je l’avais enfin. Je me suis endormie à 4h du matin.

11218234_526951190789657_3948373180747900246_o Le lendemain, j’étais sur un petit nuage en attendant les finales. Je me suis faite chouchoutée par Aurélie notre kiné/ostéo de l’équipe de France pour être en top forme. C’était que du bonus pour moi à ce moment là, donc aucune raison de stresser. Juste profiter de C H A Q U E moment.

887573_526950177456425_8649091195505056134_o Première à m’élancer, j’étais libre comme un oiseau. Rien à perdre, tout à gagner. J’ai donc pu montrer ma plus belle grimpe, celle qui ne se libère qu’en rares occasions. Le public Français m’a porté et je l’ai remercié comme j’ai pu avec un sourire qui en disait long. Au final, j’ai terminé 4ème, à un mouvement du podium et deux de la victoire. Mais honnêtement je m’en fiche. J’ai tout donné et c’est juste énorme!!!

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Aujourd’hui je suis plus qu’heureuse mais je ne peux m’empêcher de repenser qu’il y a deux ans, j’étais bien triste. Je n’avais pas pu participer aux Coupes du Monde puisque je ne rentrais pas dans les critères de l’équipe de France. J’avais dédié mon année entière à la saison internationale mais n’avait participé à une seule épreuve sélective en France. Ma faute à moi, je n’aurais jamais du mettre tous mes œufs dans le même panier.

Ceci dit si c’était à refaire je n’hésiterai pas une seule seconde puisque cela m’a permis de rencontrer mon entraîneur Thomas Ferry. Un entraîneur de l’ombre comme il dirait, mais qui a chamboulé ma vie depuis deux ans. Evidemment avoir Sean McColl comme partenaire de grimpe et de vie m’aide énormément au quotidien, dans ma vision des choses et dans ma grimpe. Il a aiguisé mes sens et m’as sculpté en tant que compétitrice. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir transmis tout son savoir. Je l’ai dans la peau. Mais il reste mon partenaire avant tout, pas mon entraîneur.

Thomas est celui que je souhaite remercier aujourd’hui. Par son savoir incroyable du sport, sa psychologie, sa personnalité, et bien d’autres éléments… il m’a permis de toucher du doigt un rêve : celui d’essayer de me hisser parmi les meilleures grimpeuses mondiales. Depuis deux ans, on travaille ensemble et comme on dit Rome ne se fait pas en un jour. Il m’a peu à peu libéré, sorti de ma coquille, révélé. Alors la route reste longue et il y a encore du travail, mais c’est important pour moi de dire à ceux qui souhaitent l’entendre que c’est bel et bien aussi grâce à lui que j’en suis là aujourd’hui.

Pour revoir ma finale, c’est ici:

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